Le mouvement décide de presque tout, à commencer par ce que le propriétaire aura à faire pendant les dix prochaines années.
Le quartz fonctionne sur pile. Il dérive de quelques secondes par mois, il encaisse les chocs, il coûte moins cher à produire, et il demande un changement de pile tous les deux à trois ans environ. C'est le mouvement de la montre qu'on porte sans y penser et qui repart à l'heure après six mois passés dans un tiroir.
L'automatique se remonte grâce à une masse oscillante entraînée par les mouvements du poignet. Aucune pile, mais une dérive de plusieurs secondes par jour et une révision périodique, que les manufactures situent en général autour de cinq ans, pour un coût qui dépasse souvent le prix d'une montre à quartz d'entrée de gamme. C'est un objet qui se transmet, à condition que son propriétaire accepte de l'entretenir.
Entre les deux, le quartz solaire supprime la contrainte principale. Une cellule photovoltaïque placée sous le cadran recharge un accumulateur à la lumière ambiante, comme sur la Citizen Eco-Drive en titane, et il n'y a plus de pile à faire remplacer. Pour quelqu'un qui ne mettra jamais les pieds chez un horloger, c'est la solution la plus tranquille.
C'est le malentendu le plus coûteux du rayon. Une montre marquée 3 ATM n'est pas étanche à trente mètres de profondeur. Le chiffre correspond à une pression statique appliquée en laboratoire, sur une montre neuve et immobile. Or un plongeon, un jet de douche ou un simple mouvement de bras sous l'eau produisent des pressions ponctuelles bien supérieures.
Deux précisions s'ajoutent. L'eau chaude et la vapeur dilatent les joints, ce qui explique que le sauna et la douche brûlante soient déconseillés même à des niveaux confortables. Et l'étanchéité vieillit : les joints se tassent, la couronne s'use, si bien qu'une montre ancienne annoncée 10 ATM ne l'est plus forcément. Sur un modèle destiné à l'eau, la présence d'une couronne vissée renseigne mieux que le chiffre gravé au dos.
C'est le critère qui rate le plus de cadeaux. Un boîtier de 46 mm déborde des deux côtés d'un poignet fin et paraît emprunté, un 34 mm disparaît sur un poignet large. Les repères courants placent la zone confortable autour de 36 à 40 mm pour un tour de poignet de 15 à 17 cm, et de 40 à 44 mm au delà. La mesure se prend avec un mètre de couturière, ou avec une bande de papier reportée sur une règle.
Deux dimensions comptent presque autant et sont rarement indiquées. L'épaisseur d'abord : passé une douzaine de millimètres, la montre accroche les manches de chemise et de veste. L'écartement des cornes ensuite, cette distance mesurée de haut en bas du boîtier, qui détermine si la montre reste posée à plat ou si elle bascule sur le côté. Le matériau joue aussi : à dimensions égales, un boîtier en titane pèse nettement moins qu'un boîtier en acier, ce qui rend les grands diamètres plus supportables.
Une montre se raye par le verre bien avant de tomber en panne, et le matériau change tout. Le verre acrylique, souple, se raye très facilement mais se repolit à la pâte. Le verre minéral, le plus répandu en entrée et milieu de gamme, résiste correctement mais marque au contact du sable, de la pierre ou d'un chambranle de porte. Le saphir de synthèse se situe juste sous le diamant sur l'échelle de dureté : à peu près rien de ce qu'on croise au quotidien ne l'entame.
Il a deux contreparties. Il réfléchit davantage la lumière, ce qui rend un traitement antireflet presque indispensable pour lire l'heure en plein soleil. Et il est plus cassant : très dur ne signifie pas incassable, un choc franc sur un angle peut le fendre alors qu'un minéral se serait contenté d'une marque. Attention enfin au vocabulaire des fiches produit, la mention verre minéral durci désigne un minéral recouvert d'une couche, pas du saphir.
Le bracelet fait une grande partie de l'allure d'une montre, et c'est la seule pièce qu'on remplace sans horloger. Le chiffre à connaître est l'entrecorne, la largeur entre les deux cornes, exprimée en millimètres et presque toujours paire : 18, 20 et 22 mm couvrent l'essentiel du marché. Une fois cette mesure relevée, tout bracelet du même standard se monte avec des barrettes à ressort et un petit outil peu coûteux. Les barrettes à ergot coulissant se changent même sans outil.
Chaque matière a son terrain. L'acier se nettoie et dure indéfiniment, mais il faut ajuster le nombre de maillons, opération courante en bijouterie et souvent offerte à l'achat. Le cuir vieillit bien et supporte mal la transpiration et l'eau. Le silicone convient au sport et se remplace quand il jaunit. Glisser un bracelet supplémentaire avec la montre reste le moyen le plus simple d'enrichir un cadeau sans changer de gamme.
Sur une montre mécanique, la réserve de marche est la durée pendant laquelle elle continue de fonctionner sans être portée ni remontée. Beaucoup de calibres tiennent une quarantaine d'heures, d'autres dépassent les trois jours. La conséquence est très concrète : une automatique de quarante heures posée le vendredi soir est arrêtée le lundi matin, et il faut la remonter puis la remettre à l'heure. Ce rituel amuse certains propriétaires et agace les autres, c'est une question de tempérament plus que de technique.
Sur une montre connectée, le sujet devient l'autonomie de la batterie, qui va de deux jours à plusieurs semaines selon l'usage de l'écran, du GPS et du suivi cardiaque. Ce n'est ni le même objet ni le même cadeau. Une montre connectée dépend d'un téléphone compatible, se recharge, reçoit des mises à jour et finit par être dépassée, là où une montre classique se contente d'être remise à l'heure. La compatibilité avec le téléphone du destinataire se vérifie avant tout, y compris sur un modèle sportif à longue autonomie.
Une montre se porte tous les jours et se voit. Le risque n'est donc pas de se tromper de qualité, mais de style. Les cadeaux qui fonctionnent restent dans le registre déjà porté par la personne : un cadran sobre pour qui porte du sobre, un modèle de sport pour qui court, une pièce sous licence pour un amateur assumé d'un univers précis. Ceux qui échouent tentent de faire changer quelqu'un d'habitude.
Deux détails se règlent en amont. La longueur du bracelet doit convenir, et l'ajustement d'un bracelet acier se fait en quelques minutes chez un bijoutier. Le rangement compte plus qu'on ne croit ensuite : une montre laissée en vrac dans un tiroir avec des clés se raye en quelques semaines, et un simple étui suffit à l'éviter.
Ce n'est pas recommandé. La natation demande plutôt 10 ATM, le 5 ATM couvrant la douche et une immersion brève.
Autour de 40 mm pour un homme, 34 à 36 mm pour une femme. Ces valeurs conviennent au plus grand nombre.
Sur une montre portée quotidiennement, oui : c'est ce qui la garde présentable. Le minéral suffit sur une montre d'appoint.
Quartz ou solaire si la personne n'est pas passionnée d'horlogerie, automatique si elle l'est et acceptera l'entretien.