Un chargeur porte deux chiffres, une tension et une intensité, dont le produit donne la puissance. Un bloc micro USB annoncé à 2 ampères en 5 volts, comme le Mungoo prévu pour les anciens Xperia, plafonne donc à 10 watts. Ce chiffre décrit un maximum théorique, pas ce que reçoit l'appareil au bout du fil.
Le premier écart vient de la répartition entre les ports : un multiport affiche un total jamais disponible sur une seule sortie. Les stations comme la Zens Modular Series ou le socle CyberDock puisent dans une réserve commune, et un téléphone posé seul se recharge plus vite qu'accompagné d'écouteurs et d'une montre.
Le second écart tient à l'appareil, qui décide seul : il ne réclame jamais plus que son électronique ne tolère, et ralentit dès que sa batterie chauffe ou dépasse 80 %. Un chargeur de 65 watts branché sur une enceinte qui en demande 5 n'ira pas plus loin qu'un adaptateur dédié comme celui prévu pour les Sony SRS.
La charge rapide n'est pas une propriété du chargeur, c'est un accord entre deux appareils. Ils dialoguent sur des broches dédiées, s'entendent sur une tension et une intensité, puis la puissance monte. Sans cet accord, on retombe au régime USB de base, quelques watts, et une nuit entière ne suffit plus toujours.
Le standard ouvert s'appelle USB Power Delivery, et son extension PPS ajuste la tension par paliers fins, ce que réclament les Galaxy récents pour atteindre leur pleine vitesse. En face vivent des protocoles maison : Quick Charge chez Qualcomm, une technologie propre à Huawei sur les Mate et les P, d'autres encore chez Oppo. Croisez les marques et la charge fonctionne quand même, mais au ralenti.
Un chargeur n'est donc universel que si sa fiche mentionne USB Power Delivery et PPS, et non un nom commercial.
La déception vient d'une unité mal choisie. Le milliampère-heure ne mesure pas une énergie mais une quantité de charge, et il ne veut rien dire sans la tension qui l'accompagne. Or une cellule de batterie externe travaille autour de 3,7 volts alors qu'elle délivre du 5 volts, parfois du 9 ou du 20 en charge rapide.
Le calcul honnête passe par les wattheures : ampères-heures multipliés par tension nominale. Une batterie de 10 000 mAh contient donc environ 37 wattheures. Élever la tension vers la sortie coûte du rendement, le câble prend sa part, l'électronique du téléphone dissipe encore, et il n'en ressort couramment que 60 à 75 %. En face, un bloc comparable à la batterie Huawei de 3750 mAh stocke un peu moins de 15 wattheures. Deux recharges pleines au mieux, et non les trois que le rapport des capacités laisse espérer.
C'est pour cela que les gros produits affichent des wattheures : l'AFERIY P210 annonce 2048 Wh, une unité directement comparable à la consommation d'un appareil.
Un chargeur de 100 watts relié par un cordon prévu pour 15 n'en délivrera jamais 100. Le conducteur oppose une résistance, qui croît avec la longueur et diminue avec la section, et la tension chute en route. Ce qui manque à l'arrivée est parti en chaleur dans le fil.
En USB-C, cette réalité est écrite dans le connecteur. Au delà de 3 ampères, le câble doit embarquer une puce d'identification qui déclare ce qu'il encaisse ; sans elle, la charge reste plafonnée. Le marquage officiel indique désormais la puissance en watts et le débit de données séparément, parce que ce sont deux capacités distinctes.
Vient ensuite le piège du câble de charge seule : beaucoup de cordons ne raccordent que les fils d'alimentation et omettent les paires de données, ce qui interdit tout transfert de fichier, et rien ne les distingue à l'oeil nu. À l'inverse, un USB-C en Y comme celui de ChenYang tire son courant de deux ports pour alimenter un périphérique qu'une seule sortie ne fait pas démarrer, montage classique sur les disques externes.
Les batteries au lithium ne voyagent pas en soute : batteries externes et piles de rechange se transportent en bagage à main, un feu naissant dans un compartiment inaccessible ne pouvant être traité à temps. Seul un appareil contenant sa propre batterie y est admis, complètement éteint.
Le cadre s'est resserré en 2026, avec un amendement aux instructions techniques de l'OACI approuvé le 27 mars 2026, dont le guide passagers de l'IATA tire les consignes suivantes.
Ces textes fixent un plancher, pas un plafond. Plusieurs compagnies sont allées plus loin, certaines en ne tolérant qu'une seule batterie, d'autres en exigeant qu'elle reste visible sur le passager : la page du transporteur fait foi. Dernier repère, la limite de 100 wattheures ne souffre aucune dérogation, ce qui exclut d'office une station comme l'AFERIY P210.
Leur référence contient leurs dimensions. Une CR2025 mesure 20 millimètres de diamètre et 2,5 d'épaisseur, une CR2016 les mêmes 20 millimètres mais 1,6 seulement : à tension égale de 3 volts, elles ne se remplacent pas, la plus fine perdant le contact. Les lettres comptent autant, les CR étant au lithium en 3 volts et les LR alcalines en 1,5 volt, si bien qu'une LR626, vendue aussi sous le code AG4, ne remplace pas une pile lithium de même diamètre. D'autres formats empilent des éléments, comme la MN27 de Duracell qui tient 12 volts dans un cylindre minuscule.
Le format 312 fonctionne à l'air. Une languette obture des micro-perforations, et la pile ne produit du courant qu'une fois celle-ci retirée. Le compte à rebours démarre alors même si l'appareil reste éteint, ce qui réserve les grands conditionnements à un usage quotidien.
Elles s'achètent sur la référence du fabricant, pas sur le nom commercial du téléphone : EB-BA920ABU et EB-BS901ABY désignent deux blocs Samsung précis, et c'est ce code qui doit correspondre. Un kit complet, comme ceux proposés pour l'iPhone SE 2020, fournit outils et adhésifs mais pas l'appairage d'origine : sur plusieurs modèles récents, une batterie non reconnue fait disparaître l'indicateur d'état.
Une cellule lithium ion perd de la capacité même à l'arrêt, sous l'effet du niveau de charge et de la température. Maintenue à 100 % pendant des mois, elle subit une tension élevée qui dégrade ses électrodes ; oubliée dans une voiture l'été, elle s'abîme plus vite encore. Autour de la moitié de sa capacité et au frais, elle se conserve bien mieux, et c'est dans cet état que les fabricants l'expédient.
L'excès inverse est plus grave. Une batterie laissée vide continue de s'autodécharger, et si sa tension descend trop bas, les circuits de protection refusent le redémarrage. C'est le sort de la batterie externe oubliée deux hivers dans un tiroir. Une batterie de remplacement reste un consommable stocké, dont l'âge compte autant que la mention neuf.
Les piles jetables obéissent à d'autres règles. Les alcalines finissent par couler dans un appareil inutilisé, et le liquide corrosif détruit les contacts : on les retire d'une lampe ou d'une télécommande qui va dormir. Les piles bouton au lithium tiennent plusieurs années sous blister, ce qui rend les lots de cinq ou dix raisonnables même pour un usage occasionnel.
Oui, l'appareil ne prend que ce qu'il demande. L'inverse pose problème : un bloc trop faible charge lentement, voire pas du tout si l'appareil consomme pendant ce temps.
Non, cette habitude vient des anciennes chimies au nickel. Les cellules lithium ion supportent très bien les charges partielles répétées, et ce sont les décharges profondes qui les usent.
Elle dégage plus de chaleur qu'une charge filaire à puissance égale, et la chaleur reste le premier facteur d'usure. Sur un socle de bureau, l'effet demeure limité.