C'est le seul rayon Lego où l'on achète du mobilier. Les briques-coffres, les modèles à tiroirs et le séparateur ne se construisent pas et ne se jouent pas. Ils règlent un problème qui apparaît quelques mois après le premier set : la collection déborde, plus personne ne retrouve rien, et le tapis devient impraticable pieds nus.
Quatre références font double emploi et méritent d'être repérées, parce qu'on les commande souvent pour une raison alors qu'elles servent à l'autre. La Boîte de Briques Créatives 10696 et ses quatre cent quatre-vingt-quatre pièces, la version Deluxe 10698 et ses sept cent quatre-vingt-dix, la Valisette de Construction 10713 et le lot qui associe la 10696 à une plaque verte sont d'abord des jeux : ils arrivent pleins, et le bac ne se libère qu'une fois le contenu déversé ailleurs.
Offrir une de ces quatre boîtes à quelqu'un qui manque de place ne règle donc rien : on apporte le contenant et de quoi le remplir. Elles relèvent autant du rayon Lego Classic et briques de base. Pour du rangement seul, il faut viser les coffres vides.
C'est la déception la plus fréquente du rayon, et elle est mécanique. Ces boîtes sont des reproductions de brique agrandies d'environ mille six cents pour cent. Leurs tenons sont donc gigantesques, et rien du système normal ne s'y accroche : ni une plaque, ni une figurine, ni un mur monté. On ne construit pas dessus, on pose dessus.
Ce qu'elles font en revanche très bien, c'est s'empiler entre elles. Une colonne de coffres de tailles différentes tient debout comme une construction, et les modèles à tiroirs se marient au même assemblage. C'est la raison d'être de cette gamme : le rangement lui-même devient un élément de décor, ce qui suffit souvent à convaincre un enfant de ranger.
Deux repères pour choisir la taille. Le premier est la capacité, douze litres pour le grand modèle à huit tenons et neuf virgule quatre pour la version à deux tiroirs ; le coffre vert à huit tenons occupe cinquante centimètres sur vingt-cinq au sol, pour dix-huit de hauteur. Le second est le poids une fois plein. Un coffre de douze litres rempli de briques ne se transporte plus par un enfant de six ans, et il finit posé au même endroit pour toujours. Deux coffres moyens rendent souvent plus service qu'un grand.
La version à tiroirs règle le défaut structurel du coffre profond, où tout ce qui est petit tombe au fond et ne remonte jamais. Un tiroir se sort, se pose sur la table et se fouille à plat.
Elle se pose dès que la collection dépasse deux ou trois boîtes, et elle détermine tout le reste. Les deux systèmes marchent, mais pas pour le même usage.
Le tri par couleur convient à celui qui monte des modèles à partir d'une notice. La notice indique une pièce bleue, on va au bac bleu. Il convient aussi aux petites collections, où chaque bac reste assez maigre pour qu'on voie le fond. Son défaut apparaît en jeu libre : personne ne cherche une pièce rouge, on cherche une charnière, une pente ou une plaque à trous, et il faut alors ouvrir tous les bacs.
Le tri par forme est l'inverse. Il ralentit le montage d'un modèle sur notice, puisqu'il faut retrouver la bonne teinte dans un bac de pièces identiques, mais il transforme la construction libre : on sait où chercher un élément dont on ne connaît que la géométrie. C'est le système qui tient quand la réserve grossit.
Le compromis qui fonctionne dans une chambre consiste à ne pas trier finement. Quatre ou cinq grandes familles suffisent, les plaques, les briques, les pièces inclinées, les roues et essieux, et un bac à part pour tout ce qui est minuscule. Ce dernier point n'est pas seulement pratique : les mains de figurine, les pièces d'un tenon et les accessoires de ceinture s'avalent, et un bac séparé, hors de portée d'un plus jeune enfant, vaut mieux qu'un grand coffre où ils flottent en surface.
Cette petite pièce orange vendue en sachet est l'accessoire le plus utile du rayon, et le moins bien expliqué. Elle sert à trois choses différentes.
La première est la plus connue : son bord avant biseauté se clipse sur deux tenons d'une plaque coincée, et une pression sur l'arrière fait levier pour la décoller. La deuxième concerne les tuiles lisses et les barres fines, que l'on glisse dans l'encoche de la tête pour les faire basculer. La troisième échappe à presque tout le monde : la queue de l'outil porte un axe, prévu pour chasser les goujons et les pièces rondes hors de leur logement.
Ce qu'il remplace mérite d'être dit franchement. Sans lui, on décolle les pièces avec les ongles et avec les dents, ce qui abîme l'émail, casse les ongles et laisse des marques sur les tenons, marques qui se voient à la revente. Un exemplaire par table est le bon compte, car l'outil disparaît dans le tas comme n'importe quelle pièce.
Deux plaques figurent au rayon, une blanche et une verte, toutes deux au format trente-deux tenons de côté. Leur place ici n'est pas un hasard : au-delà du décor, elles servent à ranger sans détruire.
Une construction en cours posée directement sur un bureau doit être démontée ou poussée dans un coin dès qu'on a besoin de la table. La même construction montée sur une plaque se soulève d'un bloc et se range sur une étagère jusqu'au lendemain. C'est la seule façon d'interrompre un chantier sans le sacrifier, et c'est ce qui évite bien des disputes du soir.
Une précaution tout de même : ces plaques sont souples et supportent mal d'être portées à bout de bras avec une grosse construction dessus. Glisser un plateau rigide ou une planchette en dessous avant de soulever règle le problème, et il vaut mieux prendre l'habitude tôt.
Autant être direct, ces trois recherches reviennent constamment sans aboutir ici.
La tête de rangement, ce buste de figurine géant à couvercle amovible, appartient à la même famille de mobilier que les briques-coffres, mais aucune référence n'en est proposée ici : le rayon s'en tient aux coffres et aux tiroirs.
Le meuble à cases, souvent cherché sous le nom d'une grande enseigne suédoise d'ameublement, n'est pas un produit de cette marque et ne se vend pas ici. Même chose pour la table de jeu : elle n'existe à aucun catalogue, et ce que les amateurs installent consiste à visser des plaques sur un meuble bas trouvé ailleurs.
Un mot enfin sur ce qui se vend sous l'étiquette compatible. Toutes les références de ce rayon portent la marque officielle, y compris les coffres, qui sont produits sous licence par un partenaire danois spécialisé dans le rangement et non moulés comme les briques de jeu. Les bacs à compartiments génériques vendus ailleurs rendent souvent le même service, mais ils ne s'empilent pas avec ceux-ci.
Non. Ces coffres reproduisent une brique à une échelle environ seize fois supérieure, si bien que leurs tenons n'ont plus rien à voir avec ceux du système. Aucune pièce ordinaire ne s'y fixe. Ils s'empilent en revanche parfaitement les uns sur les autres, ainsi qu'avec les modèles à tiroirs de la même famille, ce qui permet de bâtir une colonne stable le long d'un mur.
Par couleur si l'on construit surtout des modèles à partir de notices, ou si la collection tient en deux ou trois boîtes. Par forme dès que la réserve grossit et que la construction devient libre, parce qu'on cherche alors une géométrie et non une teinte.
Impossible à donner en nombre de pièces, et c'est pour cela que la capacité s'exprime en litres : un tas mélangé de plaques fines et de grosses briques n'occupe jamais le même volume. Le grand coffre à huit tenons annonce douze litres, la version à deux tiroirs neuf virgule quatre. Retenez surtout que plus le contenant est grand, plus il devient lourd à déplacer et difficile à fouiller.
Oui, dès la deuxième boîte. Deux plaques fines emboîtées l'une sur l'autre sont pratiquement impossibles à séparer à la main. L'outil coûte peu, tient dans une poche, et sa fonction la moins connue, l'axe qui chasse les goujons de leur trou, sert dès qu'on démonte une construction technique.