Deux familles de dimensions cohabitent en Europe sans jamais se croiser. La série A de la norme ISO 216 d'abord : A4 en 210 par 297 millimètres, A3 en 297 par 420, A2 en 420 par 594, A1 en 594 par 841. Les formats d'affichage ensuite, en centimètres ronds : 30 x 40, 40 x 50, 50 x 70, 60 x 90. L'erreur classique consiste à croire qu'un cadre 50 x 70 accueille un A2. Il n'en est rien : le A2 mesure 42 sur 59,4 centimètres, quand le 50 x 70 correspond au B2 de la même norme, 500 par 707 millimètres.
Le format américain se dissimule mieux, car il arrive converti en centimètres. Un poster annoncé en 91 x 61 cm, comme le tirage des Dents de la mer, est un 36 x 24 pouces déguisé, et une reproduction 1art1 de Salvador Dali en 30 x 24 relève de la même logique. Ces cotes ne tombent sur aucun format européen courant, et un centimètre d'écart interdit le montage.
L'affiche de cinéma obéit enfin à des repères français : la grande affiche de façade en 120 x 160 cm, celle du tirage Top Gun Maverick, le format intermédiaire en 60 x 80 presque abandonné, et le petit format en 40 x 60. Le passage de la lithographie à l'offset a fait glisser ce dernier vers 40 x 54 environ, une même plaque servant aux deux tailles. Les originales en 40 x 53, comme le poster Kill Bill vendu roulé, viennent de là, et aucun cadre du commerce ne les prend telles quelles.
Beaucoup le prennent pour un choix décoratif. C'est d'abord une pièce technique, un carton percé d'une fenêtre qui maintient quelques millimètres d'air entre la surface imprimée et la vitre, et cet écart règle un problème physique. Le papier bouge avec l'humidité de la pièce, dans un volume clos qui respire mal. Quand l'image touche la vitre, l'humidité se condense contre cette paroi froide et l'encre, le vernis ou la couche photographique finissent par y adhérer, si bien que le décollement se solde par un arrachement. Les guides de conservation en tirent une consigne constante : séparer le tirage de la vitrerie, et prévoir une feuillure assez profonde pour loger passe-partout, vitrerie et carton de fond, soit environ deux centimètres. Les cadres à clips métalliques n'offrent pas toujours cette profondeur.
Le passe-partout résout au passage les cotes bâtardes : une affiche de cinéma en 40 x 53 se monte dans un cadre 50 x 70 dès lors que la fenêtre est découpée sur mesure. Elle se mesure à part et recouvre l'image de quelques millimètres sur chaque bord, sinon le tirage tombe derrière au premier choc. Reste la qualité du carton : une âme grise ordinaire est une pâte de bois qui brunit et marque son biseau, là où un carton sans acide garde sa tranche claire.
Les deux matériaux se ressemblent une fois posés, leurs propriétés n'ont rien de commun. L'acrylique affiche une masse volumique d'environ 1,19 gramme par centimètre cube, contre 2,5 pour un verre sodocalcique : à épaisseur égale, il pèse à peu près moitié moins.
Cette différence commande deux choses. Le poids du cadre d'abord, qui décide de la fixation, puisque sur un 60 x 90 la vitre fait l'essentiel de la charge. La sécurité ensuite, car l'acrylique ne produit pas d'éclats coupants. Au-dessus d'un lit, d'un canapé, dans une chambre d'enfant ou une cage d'escalier, cet argument prime sur tous les autres.
Les contreparties sont réelles. L'acrylique se marque au moindre chiffon sec chargé de poussière abrasive, et il porte une charge électrostatique que les fabricants de vitrerie de conservation signalent pour les techniques friables : un fusain, un pastel ou une craie voient leurs particules attirées vers la paroi. Des qualités antistatiques existent pour ces cas. Dernier réflexe commun aux deux matières, le produit se vaporise sur le chiffon, jamais sur le cadre : le liquide s'infiltrerait par la feuillure. Une toile tendue, elle, n'a aucune vitrerie : ni reflets, ni protection.
Une vitrerie dite de conservation se définit par un seuil : bloquer au moins 97 % du rayonnement ultraviolet dans la bande 300 à 380 nanomètres, les meilleures qualités annonçant 99 %.
Il ne suffit pourtant pas, et la Library of Congress le formule sans détour : filtrer les ultraviolets retire la part la plus agressive de la lumière du jour, mais toute lumière abîme le papier, pas seulement l'ultraviolet. D'où l'exposition des oeuvres sur papier autour de 50 lux dans les institutions, très loin de l'éclairage d'un salon. Le dommage s'accumule et ne se rattrape pas.
La conséquence pratique tient en un geste gratuit : choisir le mur avant de choisir la vitre. Un tirage face à une fenêtre plein sud passe quelle que soit la technologie du verre, quand le même tirage sur un mur latéral tient des années. Le jaunissement vient souvent d'ailleurs, d'un papier ordinaire et d'un carton de fond médiocre qui travaillent au contact du dos. D'où la consigne de carton sans acide au fond comme en fenêtre.
La physique joue en votre faveur. Une fixation résiste bien mieux au cisaillement, l'effort vertical qui longe le mur, qu'à l'arrachement, perpendiculaire. Un cadre plaqué au mur travaille surtout en cisaillement, et plus il s'en écarte, plus la part d'arrachement grandit.
Le support tranche ensuite. Une cloison en plaque de plâtre n'est pas un mur mais une peau de 12,5 millimètres, épaisseur fixée par la norme NF EN 520 malgré l'appellation commerciale BA13. Une cheville plastique ordinaire y creuse une cuvette et lâche. Les chevilles métalliques à expansion, qui s'épanouissent derrière la plaque, existent pour cela, et les fabricants publient une charge admissible par modèle et par support, en distinguant les deux efforts. Cette valeur se lit avant d'acheter.
Vient enfin l'accroche du cadre. Une attache à dents suffit pour un 30 x 40 léger comme l'affiche Dr. House de Postercinema, mais pas pour un grand format vitré, qui demande deux points espacés : la charge se divise par deux et le cadre reste droit. Un kit à monter soi-même, du type AFHU en bois massif 40 x 50, offre ici un avantage discret, on voit le dos avant d'accrocher.
La mention recouvre trois situations très différentes.
Pour un cadeau, la distinction devient décisive. Une affiche à une cote standard, 30 x 40 ou 50 x 70, s'accroche le soir même. Une originale de cinéma en petit format ou un lot de six impressions A6 sur les jeux de société, c'est un projet d'encadrement offert. Les deux se défendent, à condition de le savoir et, le cas échéant, de joindre le cadre.
Non. Le A2 mesure 42 sur 59,4 centimètres, ce qui laisse un vide de plusieurs centimètres sur chaque bord. Le 50 x 70 correspond au format B2, 500 par 707 millimètres. Un passe-partout découpé à la fenêtre du A2 règle la question proprement.
Plexiglas. Il pèse environ moitié moins à épaisseur égale et ne se brise pas en éclats coupants. Le verre ne reprend l'avantage que pour les pastels et fusains, sensibles à la charge électrostatique de l'acrylique.
Il la ralentit sans la protéger complètement. Une vitrerie de conservation arrête 97 à 99 % des ultraviolets entre 300 et 380 nanomètres, mais la lumière visible dégrade elle aussi le papier et les encres. L'emplacement, à l'écart du soleil direct, pèse davantage que le verre.