Un t-shirt se juge d'abord au poids de son tissu, exprimé en grammes au mètre carré. C'est la donnée la plus utile de toute la fiche produit, et celle qui manque le plus souvent. En dessous de 140, la maille est fine, souple, agréable en été, et laisse passer la lumière. Sur un blanc ou un pastel, cela se voit : le tissu devient translucide au niveau du dos et des épaules dès qu'on se tient devant une fenêtre.
Entre 150 et 180, on trouve le standard des t-shirts imprimés du commerce, opaque dans la plupart des couleurs, encore léger. Au dessus de 190, le tissu devient dense, il tombe droit, garde sa forme, masque le relief du corps, mais il tient plus chaud et met longtemps à sécher. Les modèles épais autour de 220 ou 240 sont ceux qui gardent leur allure après deux ans, à condition d'accepter leur poids.
Un grammage élevé ne garantit pas la qualité à lui seul, il indique une intention : tissu lourd pour un vêtement de tous les jours, tissu léger pour une superposition ou un usage estival.
Deux cotons du même poids ne donnent pas la même sensation. Le coton cardé conserve les fibres courtes, ce qui produit un fil légèrement irrégulier, une surface un peu rêche et davantage de bouloches après quelques lavages. Le coton peigné a subi une étape de plus, qui retire ces fibres courtes et aligne les longues : le fil est plus lisse, plus régulier, plus résistant, et le tissu bouloche nettement moins. La différence de prix vient de là, pas du logo.
Les mélanges répondent à d'autres besoins. Un peu de polyester limite le froissage et la déformation, mais retient les odeurs et se marque à la chaleur d'un fer. Cinq pour cent d'élasthanne suffisent à donner de l'aisance à une coupe près du corps. La viscose et le modal apportent un tombé fluide et une main douce, avec une tendance à se déformer si le vêtement sèche suspendu. Le coton éponge, celui des pulls d'intérieur, absorbe beaucoup et met longtemps à sécher.
Aucune norme n'impose une correspondance entre une lettre et des mesures. Chaque marque construit son barème, et l'écart entre deux M du même rayon dépasse couramment quatre centimètres de tour de poitrine. S'y ajoutent des traditions différentes : les maillots de sport taillent souvent court et près du corps, les hauts d'inspiration streetwear ou Y2K sont dessinés larges ou raccourcis volontairement, et certaines coupes venues d'Asie descendent d'une taille entière par rapport aux repères français.
La seule méthode fiable ne coûte rien. On prend un haut que la personne porte souvent, on le pose à plat, et on mesure trois choses : la largeur juste sous les emmanchures, la longueur totale du col au bas du vêtement, et la longueur de manche. Ces trois chiffres se comparent au tableau de mesures du vendeur, quand il existe. Ils valent mieux que n'importe quelle lettre. Pour un enfant, la taille en âge suit la même logique approximative : un huit ans varie selon les marques, la stature en centimètres est plus sûre.
Un jersey de coton non traité perd le plus souvent entre trois et sept pour cent, surtout en longueur, et l'essentiel se joue aux premiers lavages. Un t-shirt acheté juste à la bonne longueur devient court. La mention prérétréci indique un tissu prétraité, ce qui réduit le phénomène sans toujours l'annuler.
Le vrai responsable n'est pas la machine, c'est la chaleur, et surtout le sèche linge, qui combine chaleur et agitation. Un lavage à trente degrés et un séchage à l'air suffisent à stabiliser la plupart des cotons. Le polyester, lui, ne rétrécit pas, mais il bouloche aux zones de frottement et garde les odeurs. Un haut sculptant ou postural comportant de l'élasthanne perd sa tension si on le lave chaud, et un tel vêtement reste un vêtement : il ne soigne rien, et une douleur persistante relève d'un professionnel de santé, pas d'un achat.
La sérigraphie dépose des couches d'encre sur le tissu. Elle tient des années, avec deux réserves : une couche trop épaisse raidit la zone imprimée et finit par se craqueler si le vêtement est plié toujours au même endroit. L'impression numérique directe, appliquée par une machine qui pulvérise l'encre dans la fibre, donne un rendu souple et permet des dégradés complexes, au prix d'un éclat qui s'atténue plus vite, surtout sur les couleurs sombres.
Le flex et le flock sont des films thermocollés découpés puis pressés. Le rendu est net, la tenue dépend entièrement du collage : ces motifs se décollent par un coin, et un passage de fer directement dessus les abîme définitivement. C'est la technique des numéros et des noms floqués sur les maillots. La sublimation, réservée au polyester clair, teint la fibre elle même : le motif ne se décolle jamais et ne se sent pas au toucher. La broderie reste la plus durable de toutes.
Dans tous les cas, trois gestes prolongent la vie d'un motif : laver à l'envers, éviter le sèche linge, et repasser sur l'envers en contournant l'impression.
C'est le défaut qui condamne un t-shirt bien avant que le tissu ne soit usé. Un col tient grâce à trois éléments. La côte elle même, dont la densité se sent entre les doigts. La présence d'un fil élastique dans cette côte, qui lui permet de revenir en place. Et la bande de propreté, ce ruban de tissu cousu d'une épaule à l'autre à l'intérieur, qui empêche l'encolure de s'affaisser sous le poids du vêtement.
Regardez aussi les côtés. Un t-shirt tubulaire, tricoté sans coutures latérales, coûte moins cher à produire et a tendance à vriller au fil des lavages, les coutures de côté migrant vers l'avant. Un ourlet piqué en double aiguille dure plus longtemps qu'une simple ligne. Enfin, deux habitudes détendent les cols plus sûrement que l'usure : enfiler le vêtement en tirant sur l'encolure, et le suspendre à un cintre. Un t-shirt se plie.
Le risque se réduit par le choix de la pièce. Un sweat, un pull de Noël, un modèle taillé large ou un haut d'intérieur pardonnent une erreur d'une taille. Une coupe cintrée, un maillot de sport ou un haut sculptant ne pardonnent rien. Les hauts amples et longs, comme un cardigan ouvert ou une abaya, se placent d'ailleurs dans la catégorie la plus sûre. Si le haut doit se porter sous une troisième couche déjà possédée, prévoyez l'aisance nécessaire.
Deux précautions valent mieux qu'une devinette. Photographier l'étiquette d'un vêtement que la personne porte donne la marque, la taille et la composition en une seule fois. Et pensez à conserver le justificatif d'achat pour permettre un échange, sachant qu'un vêtement personnalisé avec un prénom ou un visuel sur mesure ne se reprend pas.
Reste le pari du goût, plus délicat que celui de la taille. Un t-shirt à message, un slogan politique, une blague ou une référence sportive engagent celui qui le portera dans la rue. Cela suppose de connaître assez la personne pour savoir si elle porte ce genre de vêtement en public, ou si le t-shirt finira au fond d'un tiroir. Une licence pour enfant, elle, se choisit sur le personnage du moment.
À partir de 160 grammes environ pour un coloris blanc ou clair. En dessous, la transparence se voit à contre jour, quel que soit le prix.
Uniquement sur du coton non prétraité destiné au sèche linge. Sinon, un lavage tiède et un séchage à l'air suffisent, et la taille au dessus donne un vêtement trop large.
Par la technique annoncée et par le toucher. Un motif épais et raide se craquelle, un film thermocollé se décolle par les angles, une broderie ou une sublimation ne bougent pas.