Sur une annonce de jeu ancien, trois lettres changent tout. PAL désigne les versions européennes, NTSC les versions américaines et japonaises. Ce n'est pas une coquetterie de collectionneur, c'est une condition de fonctionnement : une console de salon des années 1990 refuse le plus souvent un support venu d'une autre zone, parce que la cartouche n'entre pas dans le lecteur ou parce que la machine contrôle l'origine du disque avant de lancer quoi que ce soit.
La règle change d'une génération à l'autre, et c'est là que les erreurs arrivent. Les cartouches Super Nintendo et Mega Drive ne s'échangent pas librement entre régions, les disques PlayStation, PlayStation 2, GameCube et Dreamcast sont verrouillés. À l'inverse, la Game Boy et la Nintendo DS acceptent des cartouches de n'importe quelle provenance, la PSP lit ses UMD sans distinction de zone et la PS Vita ne bloque rien non plus. Un Freedom Wars en import anglais démarre donc sur une Vita achetée en France, la seule contrainte étant la langue des menus. La 3DS, elle, est verrouillée, ce qui surprend les acheteurs habitués à la souplesse de la DS.
Reste un effet plus discret, propre aux versions européennes de l'époque. Les téléviseurs d'ici affichaient cinquante images par seconde contre soixante ailleurs, et beaucoup de portages n'ont pas été adaptés. L'image se retrouve encadrée de bandes noires et l'action se déroule plus lentement que l'originale. Un Super Mario World ou un Sonic 2 en version française reste parfaitement jouable, mais l'écart de rythme s'entend sur les jeux de course et sur les musiques.
C'est l'obstacle qui transforme le plus souvent un beau cadeau en carton refermé. Les consoles jusqu'à la PlayStation 2 sortent une image analogique par prise péritel, RCA ou antenne. Les téléviseurs récents n'ont plus aucune de ces entrées.
Il faut donc un convertisseur, un boîtier qui reçoit l'analogique d'un côté et ressort du HDMI de l'autre. Deux points méritent l'attention. La latence d'abord, car un modèle bas de gamme ajoute un délai entre la manette et l'image, insupportable sur un jeu de plateforme ou sur un beat them all du type Streets of Rage 2. La source ensuite, puisque la même console rend une image très différente selon qu'elle sort en composite, en S-Video ou en RGB par péritel, ce dernier signal étant de loin le meilleur point de départ. Convertir une mauvaise source ne l'améliore pas.
Deux familles échappent au casse tête. Les portables, de la Game Boy à la 3DS XL en passant par la DS Lite et la PSP, embarquent leur écran et se contentent d'une alimentation. Les rééditions miniatures et les bornes compactes, comme la Neo Geo Mini de SNK ou les petits Micro Player, sortent en HDMI ou possèdent leur propre dalle. Pour offrir sans imposer une soirée de câblage, c'est la voie courte.
Une console d'époque restitue le comportement exact du jeu, la réaction immédiate de la manette et une image conçue pour un tube cathodique, dont le rendu adoucissait les gros pixels. L'émulation reproduit ce comportement avec une grande fidélité sur les machines anciennes, et ajoute un confort que le matériel d'origine n'offre pas : sauvegarde à tout instant, retour en arrière, filtres, manette moderne.
Le compromis se joue sur deux points. L'affichage d'abord, puisque le signal traverse des traitements qui ajoutent du retard, sensible sur les jeux d'action nerveux. La conservation ensuite, car une console d'origine vieillit, entre composants fatigués, lecteur optique capricieux et écran jauni. Une Game Gear remise en état avec un écran rétroéclairé neuf illustre le point : la machine ne tient qu'au prix d'une intervention. Il y a donc un destinataire qui veut retrouver un objet, et un autre qui veut simplement rejouer.
Le rayon rétro réunit trois choses très différentes sous une apparence commune, et le sujet mérite d'être posé plutôt qu'évité.
Le critère à retenir n'est pas le prix, c'est la cohérence juridique. Personne ne détient les droits de plusieurs milliers de titres appartenant à des dizaines d'éditeurs rivaux, et aucun accord de ce genre n'existe. Le contenu de ces machines est presque toujours constitué de copies faites sans autorisation. Ajoutons un point souvent mal compris : en droit français, l'exception de copie privée suppose une source licite, récupérer la copie d'un jeu que l'on ne possède pas n'entre donc pas dans ce cadre. Avant d'acheter, la question utile tient en une phrase, le vendeur est il capable de nommer l'éditeur qui a autorisé cette compilation.
Beaucoup de cartouches des années 1980 et 1990 conservent la sauvegarde dans une mémoire alimentée en permanence par une pile bouton soudée à l'intérieur. Tant qu'elle tient, la partie survit à l'extinction. Quand elle se vide, tout s'efface au moment où l'on éteint, et le jeu redémarre à zéro à chaque session.
Le symptôme se vérifie en quatre gestes avant d'offrir : lancer une partie, sauvegarder, éteindre, rallumer. Sur les cartouches Game Boy de la deuxième génération Pokémon, la même pile alimente aussi l'horloge interne qui gouverne le cycle du jour et de la nuit. Le remplacement est courant, il demande un tournevis adapté et un fer à souder, ou un passage chez un réparateur.
Les cartouches plus récentes, sur Game Boy Advance et Nintendo DS, s'appuient sur une mémoire qui n'a pas besoin de pile. Sur Nintendo 64, GameCube et PlayStation, la sauvegarde vit sur un accessoire séparé, carte mémoire ou pak de contrôle, dont l'absence dans un lot d'occasion passe facilement inaperçue.
Un jeu ancien circule sous trois états : la cartouche ou le disque seul, l'ensemble avec sa boîte, l'exemplaire complet avec notice et encarts. L'écart de prix entre les extrêmes est considérable, mais l'écart de plaisir dépend du destinataire, celui qui veut jouer se moque de la notice, celui qui aligne ses boîtes sur une étagère ne regardera que cela.
Sur une cartouche, une étiquette abîmée reste un défaut cosmétique, des contacts oxydés un défaut réel, qui se corrige avec un coton tige et de l'alcool isopropylique. Souffler dans le connecteur, geste devenu réflexe à l'époque, dépose de l'humidité et accélère la corrosion. Sur un disque, l'usure du lecteur de la console compte autant que l'état du support, et un titre Dreamcast ou PlayStation qui saute n'est pas toujours en cause.
La contrefaçon mérite un mot, car elle est massive sur les titres recherchés, les Pokémon en tête. Étiquette décalée ou aux couleurs trop saturées, vis cruciforme là où le constructeur employait une empreinte particulière, poids anormalement faible, absence de référence moulée dans le plastique : les indices se cumulent plus qu'ils ne tranchent isolément.
Les jeux PC de la même période posent un problème à part. Les protections anticopie de l'époque ne fonctionnent plus sur les systèmes actuels, et un disque comme Stranglehold ou Alexandra Ledermann peut refuser de s'installer sans que rien ne soit défectueux. Vérifier la compatibilité avant d'offrir évite une déception silencieuse.
La nostalgie a une date. Elle vise presque toujours la machine que le destinataire a eue vers dix ans, pas celle qui paraît la plus intéressante objectivement. Pour un cadeau sans installation, les portables restent la valeur sûre, une DS Lite ou une 3DS et deux ou trois jeux formant un ensemble autonome. Pour retrouver un salon, la génération PlayStation 3 et Wii sort déjà en HDMI et donne accès à un catalogue immense sans convertisseur. Les machines antérieures demandent davantage d'engagement, et elles font un excellent cadeau quand la personne l'a demandé.
Cela dépend de la machine. Oui sur Game Boy, DS, PSP et PS Vita, non sur la plupart des consoles de salon jusqu'à la PlayStation 2, ni sur la 3DS.
Ce n'est pas obligatoire, mais un tube cathodique reste la solution la plus simple et la plus fidèle pour les consoles antérieures à la PlayStation 2.
Sauvegardez, éteignez la console, rallumez. Si la partie a disparu, la pile interne de la cartouche est à remplacer.
Le matériel se vend librement, mais un catalogue qui rassemble des milliers de titres d'éditeurs concurrents n'a pas pu être autorisé. Une console officielle ou une réédition sous licence nomme toujours les éditeurs.