C'est la seule chose à vérifier avant de commander dans ce rayon, et elle décide de tout le reste. Un même personnage, une même série, un même numéro peuvent correspondre à trois marchandises qui n'ont pas le même contenu.
La boîte mystère livre un personnage et un seul, tiré au hasard parmi les douze de sa série. C'est le cas de la série 29 référencée 71052, de la série 26 consacrée à l'espace 71046 et de l'ancienne série 15 sous la référence 71011. On ne choisit pas, on ne sait pas, et on l'apprend en ouvrant.
Le lot de trois boîtes mystère, proposé sur cette même série 29, ne change rien à ce principe : ce sont trois tirages indépendants, sans aucune garantie que les trois personnages soient différents. Il augmente les chances d'obtenir celui qu'on vise, il ne les assure pas.
La série complète est l'exact opposé. Vendue pour les séries 28 et 29, elle contient les douze personnages, chacun avec ses accessoires et sa tuile imprimée, sans surprise ni doublon. C'est la seule façon d'être certain d'obtenir un personnage précis dans ce rayon, et c'est aussi la seule qui supprime le plaisir de l'ouverture.
Pendant une quinzaine d'années, les collectionneurs palpaient le sachet souple pour reconnaître un casque, un instrument ou une queue avant de payer. Cette pratique appartient au passé. Le fabricant a remplacé le sachet plastique par une boîte cartonnée à partir de septembre 2023, et le changement a des conséquences très concrètes.
La boîte est rigide et scellée, on ne sent donc plus rien au travers. Aucun identifiant ne figure sur l'extérieur, ni code, ni pictogramme, ni repère de série : la boîte de gauche et celle de droite sont rigoureusement indiscernables. Le tirage est devenu réellement aveugle, ce qui était l'intention.
Deux conséquences pratiques. Constituer une série entière boîte après boîte revient beaucoup plus cher qu'avant, puisque plus rien ne permet d'éviter les doublons. Et l'ancienne série 15, encore présente au rayon sous son sachet souple d'origine, appartient à l'autre époque : c'est un détail qui compte pour un collectionneur, moins pour un enfant qui veut simplement une figurine.
Une série numérotée n'est pas un thème permanent, c'est une fournée de douze personnages produite une seule fois, puis remplacée. Savoir ce qu'il y a dedans évite de commander à l'aveugle un cadeau à l'aveugle.
Le choix se fait donc sur trois critères et pas seulement sur le personnage : l'univers de la série, la lisibilité des figurines pour l'âge visé, et le fait que l'on accepte ou non le hasard. Une série à thème unique déçoit rarement, une série fourre-tout produit plus d'écarts entre le personnage espéré et celui reçu.
Le rayon contient plusieurs objets qui répondent à la même recherche et qui n'appartiennent pas du tout à la même catégorie. Autant les identifier, car l'écart au déballage est violent.
Les BrickHeadz d'abord, c'est-à-dire l'Ourson de la Saint-Valentin 40379 et ses cent cinquante pièces, La Catrina 40492, ou le duo Legolas et Gimli 40751. Ce ne sont pas des minifigurines mais des figurines à construire, à grosse tête cubique, nées d'une gamme lancée en 2016 et destinées à l'exposition. Elles mesurent trois à quatre fois la hauteur d'une minifigurine, ne s'articulent presque pas, et ne rentrent dans aucun véhicule. On les monte, on les pose, et voilà.
Le Casse-Noisette 40640, annoncé dès huit ans, relève du même registre saisonnier : une figurine à construire pensée comme décoration de fin d'année plutôt que comme personnage de jeu.
Dernier objet trompeur du rayon, un ouvrage consacré aux minifigurines, livré avec une figurine exclusive. C'est un livre d'abord, et la figurine y sert de bonus plutôt que de contenu principal.
Enfin, le canard livré en sachet est un cas à part et vaut d'être expliqué : six pièces, aucune figurine, aucun visage. C'est le matériel d'un exercice d'animation d'atelier où chaque participant construit son propre canard avec les mêmes six briques, pour montrer qu'aucune interprétation ne se ressemble. Commandé comme figurine, il déçoit forcément.
Une recherche très fréquente porte sur les figurines personnalisées. Il faut être clair : le fabricant ne vend pas de figurine à la carte au catalogue. Ce qui circule sous cette appellation est réalisé par des tiers, qui impriment torses, têtes et casques sur des pièces existantes ou sur des copies. Le résultat n'engage que celui qui l'a produit, et la qualité d'impression varie énormément.
L'autre grande source de recherches vaine concerne les licences. Les figurines de Star Wars, de Ninjago, de Marvel et de Batman, celles de Harry Potter et celles de l'univers Disney ne se trouvent pas ici : elles appartiennent aux rayons Lego Star Wars, Lego Ninjago, Lego Marvel et DC, Lego Harry Potter et Lego Disney, où elles sont vendues soit à l'unité, soit dans les sets qui les contiennent.
Un mot enfin sur les mentions d'âge, cinq ou six ans selon les séries. Elles ne décrivent aucune difficulté, puisqu'il n'y a que quelques pièces à emboîter : elles signalent que les accessoires, mains, chapeaux et objets tenus se comptent en millimètres et s'avalent. Elles se lisent en pensant au plus jeune enfant de la maison.
Douze par série dans les fournées récentes. Chaque boîte mystère contient un tirage indépendant des précédents, donc le doublon est possible dès la deuxième boîte et devient de plus en plus probable à mesure que la collection avance. Il n'existe aucun moyen d'éviter cela en achetant à l'unité, ce qui explique que beaucoup de collectionneurs se rabattent sur la série complète.
Trois choses. Elles sont propres à leur série et ne se retrouvent dans aucune boîte de construction. Elles arrivent avec leurs accessoires spécifiques et une tuile imprimée qui sert de socle. Et elles sont conçues comme objet final, alors qu'une figurine de set n'est qu'un occupant du décor qui l'accompagne. Mécaniquement, en revanche, elles sont identiques et se mélangent sans problème.
Non, ce sont deux objets sans rapport. La figurine à grosse tête se construit à partir de briques, se pose sur un socle et reste où on la met. Elle ne tient pas dans un cockpit, ne s'assoit pas sur une chaise, ne monte pas à cheval. Offerte à un enfant qui attendait un personnage à faire jouer, elle sera montée une fois puis oubliée.
La seule voie fiable est la série complète, qui livre les douze en une fois. Le lot de trois boîtes améliore les probabilités sans rien garantir. Et acheter une à une jusqu'à tomber sur le bon revient à payer plusieurs fois pour des personnages dont on ne voulait pas, d'autant que rien sur l'emballage ne permet plus de deviner ce qu'il contient.