Vélo et accessoire

Ce que le code de la route impose vraiment au cycliste

C'est la partie que les fiches produit passent sous silence, et pourtant elle sépare l'accessoire de confort de l'équipement obligatoire.

Le vélo doit posséder deux dispositifs de freinage efficaces, à l'avant et à l'arrière, ainsi qu'un avertisseur sonore constitué d'un timbre ou d'un grelot dont le son s'entend à cinquante mètres au moins. L'article R313-33 ajoute une précision que presque personne ne connaît : sur un cycle, tout autre signal sonore est interdit. La corne à air comprimé et le klaxon électrique ne remplacent donc pas la sonnette.

Viennent les dispositifs réfléchissants, obligatoires de jour comme de nuit et indépendants de l'éclairage : catadioptre blanc ou jaune à l'avant, rouge à l'arrière, orange sur les côtés et orange sur les pédales. Ce sont eux qui disparaissent en premier quand on change de pédales ou qu'on monte des roues neuves.

Éclairage, gilet, casque : les obligations et leurs conditions

La nuit, et de jour dès que la visibilité devient insuffisante, le vélo doit porter un feu de position avant jaune ou blanc non éblouissant et un feu arrière rouge. Le détail qui surprend figure noir sur blanc à l'article R313-5 : ce feu arrière ne doit pas être clignotant. Or beaucoup de lampes n'offrent que ce mode, ou sont utilisées ainsi par habitude. Un feu fixe reste nécessaire pour être en règle, quitte à ajouter un clignotant en complément.

Hors agglomération, la nuit ou par visibilité insuffisante, le cycliste et son passager doivent en plus porter un gilet de haute visibilité conforme à la réglementation. Les deux conditions se cumulent, ce qui explique que le gilet ne soit pas exigé en ville. Le manquement relève d'une contravention de deuxième classe.

Le casque est obligatoire pour le conducteur comme pour le passager de moins de douze ans, conforme à la réglementation sur les équipements de protection individuelle et surtout attaché. La responsabilité pèse sur l'adulte qui transporte l'enfant ou qui l'accompagne, sous peine d'une contravention de quatrième classe. Au delà de douze ans, il reste recommandé mais n'est plus imposé.

Être vu ou voir la route, deux lampes différentes

La réglementation parle de feux de position, donc de dispositifs destinés à signaler le vélo aux autres. Elle n'impose aucune puissance minimale, et c'est de là que naît la confusion au moment d'offrir une lampe.

Une lampe de signalisation suffit en ville éclairée : elle sert à être repéré, pas à voir. Éclairer un chemin ou une départementale sans lampadaire relève d'une autre catégorie, où la forme du faisceau compte plus que la puissance annoncée. Un faisceau rond éblouit ceux d'en face, un faisceau à coupure horizontale pose la lumière devant la roue. Dernier réflexe : l'autonomie affichée correspond au mode le plus économique, cherchez celle du mode maximal.

Pompes : la valve décide de tout

Voilà la première cause d'achat raté dans ce rayon, loin devant la pression maximale ou la marque : il existe deux valves sur un vélo, et une pompe conçue pour l'une ne se monte pas sur l'autre.

La valve Schrader est celle des voitures : large, courte, avec un obus central que l'on enfonce. Elle équipe les VTT, les vélos de ville, la plupart des vélos électriques et les vélos d'enfant. La valve Presta, dite aussi française, est fine et longue, avec un petit écrou moleté à desserrer avant de gonfler puis à resserrer après. C'est celle des vélos de route, son perçage plus étroit fragilisant moins la jante.

Une pompe annoncée pour les deux valves règle la question, mais pas de la même façon. Certaines têtes ont deux orifices distincts, il suffit de choisir le bon. D'autres sont réversibles : il faut extraire le joint intérieur et le remonter à l'envers, évident pour un habitué, déroutant pour un débutant. Les compresseurs électriques portables se raccordent en Schrader avec un adaptateur Presta à visser, pièce qui se perd vite.

Reste le format : une pompe à pied à manomètre règle la pression au dixième de bar, une mini pompe sert seulement à rentrer après une crevaison. Beaucoup de cyclistes ont l'une sans l'autre.

La pression, qui n'a rien de commun d'un vélo à l'autre

L'information est écrite sur le flanc du pneu, jamais ailleurs, sous forme d'une plage en bar et en PSI. Un bar vaut à peu près 14,5 PSI, de quoi convertir de tête.

Les ordres de grandeur n'ont rien de commun d'une pratique à l'autre. Un pneu de route étroit travaille à plusieurs bars, un pneu de VTT large se roule bien plus bas, un pneu de fatbike descend sous la barre du bar. Le poids du cycliste déplace ces valeurs, et un montage sans chambre à air se roule plus bas. Sortir de la plage inscrite expose au pincement de la chambre en bas, au déjantage en haut.

D'où une conséquence sur l'achat d'une pompe : un modèle annoncé à 150 PSI impressionne, mais ce chiffre ne concerne que les pneus de route étroits. Sur un VTT gonflé à deux bars, l'aiguille se traîne dans le premier dixième du cadran, là où un manomètre est le moins fiable. Une graduation fine dans le bas de l'échelle rend plus service qu'une pression maximale élevée.

L'antivol se raisonne en pourcentage du prix du vélo

Aucun antivol n'est inviolable. Tous font gagner du temps, et c'est exactement ce que l'on achète : des minutes et du bruit.

Trois certifications indépendantes donnent un repère fiable, parce qu'elles reposent sur des tests d'attaque réels. En France, le label FUB classe les modèles par un nombre de roues, le niveau supérieur résistant à des outils plus encombrants. À l'international, ART classe par étoiles et Sold Secure par métaux. Certains contrats d'assurance vélo exigent d'ailleurs un modèle certifié et la facture d'achat.

Sur la forme, le câble simple ne dissuade qu'un vol d'opportunité et cède à la pince. Le U constitue la base sérieuse, la chaîne à maillons épais offre plus de souplesse d'attache pour un poids supérieur. Une règle de bon sens circule chez les cyclistes urbains : consacrer environ un dixième du prix du vélo à sa protection. Sur un vélo électrique à plusieurs milliers d'euros, un antivol d'entrée de gamme n'a aucun sens.

Les compatibilités qui font rater un cadeau

Un accessoire de vélo n'est presque jamais universel, et la déception se joue sur un chiffre en millimètres que l'acheteur ignorait devoir vérifier. Quatre pièges reviennent sans arrêt.

  • Le guidon. Support de lampe, compteur ou sonnette dépendent du diamètre du cintre à l'endroit exact de la fixation, qui n'est pas celui des poignées
  • La tige de selle. Y compris à suspension, elle existe en plusieurs diamètres : un modèle en 27,2 mm n'entrera pas dans un cadre prévu pour un autre, et la longueur compte autant
  • Les plaquettes de frein. Elles se choisissent par le modèle exact de l'étrier, écrit dessus, jamais par la marque du vélo, et une famille de plaquettes n'ira sur aucune autre
  • Les pédales automatiques. Elles forment un couple avec des cales vissées sous la chaussure : une pédale de route à trois trous et une pédale de VTT à deux trous n'acceptent pas les mêmes

Le transport obéit à la même logique. Un porte-vélos d'attelage réclame une boule, un faisceau, une plaque répétée et des feux, mais surtout le respect de la charge admissible sur la boule, que deux vélos électriques dépassent vite. Un support mural pivotant se choisit selon la largeur du pneu et la profondeur disponible une fois le vélo tourné.

Offrir à quelqu'un qui a déjà tout

Le cycliste équipé possède déjà sa lampe, sa pompe et son antivol. Trois pistes se trompent rarement de cible.

  • Les consommables qu'il rachètera de toute façon, pneus de sa monte habituelle, chambres, plaquettes, à condition de connaître les références
  • Le rangement, rarement acheté pour soi même, du support mural au porte-vélos qui ouvre l'accès à d'autres terrains
  • Le confort par mauvais temps, manchons de guidon, surchaussures, gants longs, qui prolongent la saison de plusieurs mois

Un carnet d'entraînement fonctionne bien auprès de qui suit ses sorties, sauf s'il utilise déjà une application. À l'inverse, évitez ce qui touche à la position sur le vélo, selle, cintre, potence : ces réglages sont personnels et affinés sur des années.

Questions fréquentes

Une sonnette est-elle vraiment obligatoire ?
Oui, sous la forme d'un timbre ou d'un grelot audible à cinquante mètres. Tout autre avertisseur sonore est interdit.

Le gilet jaune est-il exigé en ville ?
Non. L'obligation vise le trajet hors agglomération, la nuit ou par visibilité insuffisante. L'éclairage, lui, reste dû partout.

Le casque est-il obligatoire pour un adulte ?
Non, l'obligation s'arrête à douze ans. Elle vise aussi bien l'enfant qui pédale que celui transporté en siège ou en remorque.

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